Un match de perdu pour Alpha Condé

Le président de la République s’est finalement résolu à reporter les élections législatives et le référendum, en alléguant qu’il n’a pas capitulé. Alpha Condé a accepté de reculer après la décision de la CEDEAO et de l’Union africaine de ne pas déployer en Guinée des missions d’observation électorale.

Peu de temps après son discours, nos confrères de Guinafnews.info avait vu juste en publiant un article. Lisez…

Match perdu

Le soleil est en train de se coucher sur Conakry, qui a observé une nouvelle journée de résistance pour démontrer son opposition aux élections législatives et pour un referendum. Les populations sont nombreuses, à la sortie des Mosquées à commenter le départ du gouvernement d’un des « fils » du Chef de l’État et surtout la décision de l’Union africaine de rappeler les observateurs qu’elle avait déployés sur le terrain.

Des rumeurs commencent à courir sur un possible report de ces élections que personne, à l’international, ne veut ni observer ni valider. L’Oif, partenaire technique de la Céni, a dit ce que tout le monde savait, à commencer par la Mouvance présidentielle guinéenne : le fichier électoral, qui a permis le coup KO de la présidentielle d’octobre 2015, est trop corrompu. Et en annonçant le chiffre de deux millions et demi de cas d’électeurs problématiques, tous les analystes de la scène politique guinéenne se sont rendu compte qu’avant même d’entamer le match, le Rpg arc-en-ciel avait changé toutes les règles du jeu. De ce fait, nul autre que ses candidats ne pouvait gagner des élections.

Aucun pays ne peut faire face aux sanctions occidentales, surtout ceux en développement, la Guinée et nombre de pays africains en tête. Alpha Condé le sait et son entourage également. Ils savent surtout que Conakry ne peut offrir aucune résistance aux pressions combinées de la Cedeao, de l’Union africaine et de l’Union européenne, la France et l’Allemagne en particulier, derrière lesquels se dressent les États-Unis. Savent-ils que la Communauté internationale est à la veille d’imposer des solutions de sortie de crise, avec un possible déploiement de forces de protection des populations dès que les forces gouvernementales vont commencer à intensifier leur répression ?

«Le président Alpha Condé, dit-on, a monté la barre très haut pour revenir en arrière. C’est vrai. Mais maintenant, en plus des opposants à ses législatives et à son referendum, il y a toute la communauté internationale. Russes et Chinois ne peuvent pas s’opposer à la volonté des Guinéens appuyés par la Cedeao, l’Union africaine, l’Union européenne. Que le Président Alpha Condé réalise que le match est perdu en raison du fichier électoral et qu’il accepte cette défaite».

Avec ce match perdu, une transition se dessine avec ou sans le chef de l’État guinéen. Son « fils », Abdoulaye Yéro Baldé, peut l’aider à trouver les pistes. Alpha Condé a trop écouté et fait place aux Malick Sankhon, Damaro Camara, Alpha Ibrahima Keira, Kiridi Bangoura, alors que les Saloum Cissé et d’autres fondateurs du « RPc » étaient mieux indiqués.

Ibrahima Sory BALDÉ

Ancien Rédacteur en chef adjoint de Malanyi et Segueti (publiés par Prof Alpha Condé)

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