Trois Guinéens dont un père et sa fille meurent dans un incendie en Belgique

La police a découvert mardi deux corps sans vie après l’incendie Rue Heyvaert à Anderlecht. Les victimes ont été identifiées comme étant Alseny Sylla, un homme d’origine guinéenne, et sa fille de 14 ans, Fatoumata. Ils habitaient au dernier étage de l’immeuble.

“J’ai tout de suite compris en voyant les dégâts que mon père et ma sœur n’avaient pas survécu”, confie Facinet Sylla (19 ans), le grand frère de Fatoumata, dans Het Laatste Nieuws. Pour rappel, l’incendie à Anderlecht a fait trois morts, après celui de Mamadou Diallo, un autre Guinéen. Quatre personnes, dont un enfant, sont toujours dans un état critique. Au total, 30 personnes ont été blessées dans l’incendie.

“Lundi, vers 14 heures, mon téléphone portable a sonné tout à coup”, raconte Facinet, qui se trouvait seul chez lui, dans son appartement à Saint-Gilles. “C’était un ami. Il m’a demandé si j’étais au courant pour l’incendie Rue Heyvaert, la rue où habitent mon père et de ma soeur”.

Le jeune homme s’est rendu tout de suite sur les lieux et est resté là pendant des heures, espérant recevoir de bonnes nouvelles. “Papa et Fatoumata vivaient ensemble depuis presque six mois. Ils étaient comme les deux doigts de la main. Il la faisait toujours rire. (sourires)”.

“Fatoumata était comme ma soeur jumelle”

Alseny Sylla avait quitté la Guinée il y a environ dix ans pour s’installer en Belgique. Il a eu deux autres enfants ici. “Papa travaillait dans la construction. Il faisait tout pour nous donner, à moi et à ses trois autres enfants, une belle vie. Papa était extrêmement sympathique et apprécié. Regardez tous ces gens qui viennent ici pour nous soutenir.”

Famille, proches, connaissances éloignées: ils étaient nombreux à affluer dans la rue Heyvaert mardi pour soutenir Facinet face à ce terrible drame. 

L’adolescent ne voyait plus beaucoup son père ces derniers temps. “Je suis moi-même en train de suivre une formation en hôtellerie. Cela prend beaucoup de temps. À cause de ça, nous nous sommes vus beaucoup moins souvent que d’habitude (…) Mon père était tout pour moi. Et ma soeur, c’était comme ma jumelle, même si elle avait cinq ans de moins”. Il la décrit comme une adolescente joviale et souriante. “Fatoumata s’amusait toujours”.

“Quand je suis arrivé, j’ai tout de suite compris”

Facinet a appris la terrible nouvelle hier après-midi sur les lieux du sinistre. “Une policière était déjà venue me dire qu’ils avaient trouvé deux personnes, un adulte et un enfant.” A ce moment, son père et sa soeur n’avaient pas encore été officiellement identifiés. “Quand je suis arrivé, j’ai tout de suite compris: un tel incendie, tous ces dégâts, des heures de flammes, ils n’auraient tout simplement pas pu survivre à ça. J’avais raison. Papa et Fatoumata ne sont plus là. Je ne sais plus ce que je peux dire”.

Selon Het Laatste Nieuws, les deux corps ont été retirés des décombres via le toit, en raison du risque d’effondrement. C’est un expert, qui s’était rendu sur place mardi matin à la demande du parquet, qui a aperçu les deux corps par la fenêtre. À l’aide d’un drone, la police a découvert les deux corps d’Alseny et Fatoumata.

Le parquet enquête sur la cause de l’incendie

Le bâtiment de 4 étages de la rue Heyvaert, sinistré à la suite de l’incendie de lundi matin, comptait 11 logements et 9 ménages (28 personnes en tout), a indiqué mardi en fin de journée le bourgmestre d’Anderlecht Fabrice Cumps.

“Il semble que ce ne soit pas un ‘marchand de sommeil’, mais ces données n’enlèvent rien à la question d’une éventuelle surdensité, car on ne dispose pas des surfaces des logements, ni à la possibilité que des habitants ne soient pas domiciliés à l’adresse”, commente le bourgmestre. “Si on ne peut pas parler de ‘marchand de sommeil’, on peut certainement parler de ‘mal-logement’. Dans le quartier, il y a des problèmes de suroccupation dans des appartements et peut-être aussi que les lieux n’étaient pas conformes. Les experts se prononceront sur l’origine de l’incendie”.

Avec 7sur7

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