Marche du FNDC, dialogue annoncé par Alpha, Présidentielle de 2020 : Qu’en pense Lansana Kouyaté ?

Face à la main tendue du Président Alpha Condé, le leader du Parti de l’espoir pour le développement national a été tranchant. Lansana Kouyaté a réitéré ses conditions avant toute participation de sa formation politique à un dialogue avec le pouvoir de Conakry.

Au micro d’Africaguinee.com, l’ancien Premier Ministre guinéen a également parlé de l’élection présidentielle annoncée pour cette année. Depuis la France, Lansana Kouyaté a profité de nos colonnes pour lancer un appel à l’endroit de ses compatriotes. 

AFRICAGUINEE.COM : Le FNDC dont vous êtes membre entend reprendre ses manifestations de rue à partir de 8 juillet prochain. Quelle est l’opportunité d’une telle démarche dans un contexte d’épidémie de Covid-19 dans le pays ? 

LANSANA KOUYATE : Ecoutez, pendant que le FNDC a observé les mesures de restriction sanitaire dues au Covid, le Gouvernement déroule son programme comme si de rien n’était. Rappelez-vous que les consultations pour le référendum autour de cette constitution tout comme l’élection de l’Assemblée, ont été entamées quand il y avait déjà des cas signalés en Guinée. Ça ne les a pas arrêtés. Pendant ce temps, le FNDC inquiet de la santé de la population a observé les règles strictes édictées par l’ANSS (Agence nationale de sécurité sanitaire, Ndlr). Alors à qui le blâme ? Le blâme va au Gouvernement qui n’a pas du tout respecté. On pense que si on a envoyé jusqu’au mois de juillet, c’est parce que nous avons tenu compte de l’évolution. On s’est dit qu’à partir de ce moment on peut le faire. 

Le président Alpha Condé a annoncé un dialogue avec les forces politiques du pays avant la présidentielle alors que le contentieux lié à la Constitution et à l’Assemblée nationale que vous ne reconnaissez pas n’est pas réglé. Qu’en dites-vous ? 

Le PEDN ne reconnaît ni l’Assemblée, ni la nouvelle constitution. Avec les autres membres du FNDC, nous considérons que la seule constitution valable à ce jour, c’est la constitution de 2010. Surtout pour tout ce qui concerne ses intangibilités. Et quand on sait que la nouvelle constitution a été non seulement tripatouillée au départ, mais encore ce tripatouillage a été exacerbé, amplifié par le texte qui a été promulgué le 6 avril 2020, ça fait honte même à la Guinée, ça doit faire honte à l’Etat. 

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Donc pour nous, il est hors de question d’aller à un dialogue sans que les conditions préalables ne soient discutées. On peut les citer : la libération d’abord des prisonniers politiques, ensuite le respect de la constitution de 2010, donc la limitation du mandat du président à deux (…). Nous avons été à des dialogues, mais quand le résultat n’était pas satisfaisant, on ne signait pas. Nous l’avons fait plus d’une fois. 

Dr Ousmane Kaba qui est membre du FNDC vient de déclarer qu’il sera candidat à l’élection présidentielle avec ou sans  Alpha Condé. Quelle est votre position là-dessus ? 

On reste strictement fidèle à la position du FNDC. On ne peut vouloir de quelque chose et de son contraire. Nous avons tous unanimement dit que nous ne voulons de cette constitution. Tous ceux qui appartiennent au FNDC, la société civile comme les partis politiques, nous avons dit qu’on n’en veut pas. On a dit que nous ne reconnaissons pas l’Assemblée. Alors, aller à une élection présidentielle sous l’empire de la « Constitution actuelle » que je mets entre-guillemets, c’est pratiquement renier à cette position officielle qu’on a tenue. 

Un dernier mot ?

Mon dernier mot c’est de demander aux guinéens de comprendre que le bonheur d’un peuple ne se bâtit dans la duperie. Ça ne se construit pas avec le rivage totalement du présent. C’est-à-dire vivre au jour le jour à coups de mensonges, à coups de tromperie. Ça ne peut pas faire le bonheur d’un peuple. Voyez déjà ce que j’ai dit tout de suite entre le texte soumis à un référendum le 22 mars 2020 et le texte promulgué, il y a au moins une douzaine ou bien une quatorzaine de différence entre les deux. Ce n’est pas sérieux pour un pays. 

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Il ne faut pas faire la démocratie quand on n’y croit pas. Quand on dit Démocratie, ça a des exigences qu’il faut respecter. Le minimum, c’est d’éviter les parjures et ne pas tomber dans le déni constant de ce qui doit être fait. Les lois sont faites pour être respectées jusqu’à ce que les lois  changent.  Mais mêmes les Lois qu’on a changées, on tripatouille là-dans. Où allons-nous ? Je ne le dis pas avec rancœur, je le dit parce qu’il n’y a pas de route royale pour la démocratie. Il faut passer par des périodes difficiles. Il arrive à cette fin que ceux qui acceptent,  de se blesser même sur les sentiers parsemés d’épines. Mais il faut l’accepter ainsi. On ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie. 

Source: Africaguinee.com

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