Manifestations : Témoignage choc de l’imam Hady, agressé par des gendarmes…

L’angoisse, l’inquiétude, la peur continuent de grandir chez les habitants de Wanindara, un quartier plongé dans la terreur des exactions commises par les forces de l’ordre.

Des imams agressés, des personnes âgées violentées, des animaux blessés, des concessions incendiées…le tableau est difficile à décrire. Devenu l’épicentre de la contestation contre le projet de nouvelle constitution, Wanindara et ses habitants souffrent le martyrs. Des scènes de violences et d’exactions les plus abominables y sont commises. Agressé chez lui par des gendarmes, l’imam Elhadj Mamadou Hady Bah est encore sous le choc.

Rencontré ce jeudi  20 février 2020  à son domicile, ce religieux a raconté comment un groupe de gendarmes et de policiers armés se sont attaqués hier à sa famille blessant deux de ses proches et arrêtant plusieurs autres qui auraient subis des actes de tortures. Selon le premier imam d’une mosquée de Wanindara, ces policiers et gendarmes ont commis des exactions et ont tiré par balle dans sa cour et bastonnés ses voisins.

« Un pick-up rempli de policiers et gendarmes ont fait irruption dans ma cour. Ils ont tiré par balle sur le portail. Vous avez vu la trace de la balle, il y a un trou. Après, ils ont défoncé le portail qui est tombé et ils se sont introduits dans la cour.  Ainsi, je suis venu les voir je ne portais même pas de chaussures.   Je les ai supplié de ne pas rentrer dans nos concessions en leur disant que ces enfants sont ma famille. Entre temps les voisins, sont venus nous secourir. Cinq minutes après, un autre pick-up de gendarmes est venu. Ils ont cassé le pare-brise de ma voiture garée dans la cour à l’aide des projectiles et aussi les phares d’une moto. Le riz qu’on était en train de cuisiner, ils sont venus tous renverser. Personne n’a mangé ici hier. Ils sont rentrés dans certaines chambres pour fouiller et ils ont emporté de l’argent. Ils ont arrêté 4 jeunes et sont partis avec eux. Ils sont partis également dans une concession voisine, où il y a un vieil aveugle fatigué. Ils l’ont agressé en le frappant, je ne sais pas si c’est un bois ou le fusil », a raconté Elhadj Mamadou Hady Bah.

Résigné, ce leader religieux se remet à Dieu. «  Nous souffrons et nous sommes inquiets. En tant qu’Imam,  depuis hier je n’arrive pas à aller à la mosquée pour faire la prière. Les gendarmes et les policiers attaquent tout le monde, ils ne cherchent pas à savoir si tu es vieux, femme ou enfant. On considère que tout le monde est mauvais.  Je me remets à Dieu. Je demande la paix à Wanindara et on doit se donner des conseils pour éviter les violences dans notre pays », lance Elhadj Hady Bah.

Blessé et incarcéré par des gendarmes, Aboubacar Sidikh Bah dénonce les tortures et les rançonnements qui lui ont été infligés par des agents de maintien d’ordre après près de 24 heures de détention à la gendarmerie de Cosa. Selon lui, il a fallu débourser plus de 200 mille pour sa libération ce jeudi.

« J’étais venus voir ce qui est arrivé à notre Imam qui est mon voisin. Entretemps, les gendarmes sont venus pour une seconde fois. Ils m’ont frappé en me blessant à l’épaule et m’ont arrêté. Ils m’ont envoyé avec d’autres personnes dans leur pick-up. Ils nous menaçaient en disant que vous pensez que c’est comme ça qu’on gagne le pouvoir ? Et c’est vous qui réalisez et c’est vous qu’on tue. Ils nous ont mis sous les bancs à l’arrière du pick-up. On était au nombre de quatre personnes coincés là-bas en nous disant que nos têtes et pieds ne doivent pas sortir. Ils nous ont intimé aussi de ne pas ouvrir les yeux pour ne pas les reconnaitre et les attaquer un jour et surtout de ne pas parler. J’ai répondu nous ne sommes pas des bandits et vous m’avez arrêté dans nos maisons. Arrivée, ils nous ont enfermé dans une salle. C’est ce matin à 9 heures que ma famille est partie à la gendarmerie de Cosa. Ils ont réclamé de l’argent pour notre libération. On a payé 240 mille francs guinéens et on nous a relâchés alors qu’on a rien fait », a dénoncé Monsieur Bah qui dit n’avoir pas confiance en la justice guinéenne pour porter plainte.

Avec Africaguinee

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