Makhissa Camara et Malick Sankhon récusés à Fria? Pour quelles forfaitures ?

Il n’y avait pas meilleur moyen chez les autorités costumières de Fria pour désapprouver Aboubacar Makhissa Camara et Malick Sankon, respectivement directeur national des impôts et directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), tous liés à cette ville où ils prétendent défendre l’image du président Alpha Condé et celle du parti au pouvoir.

Les deux cadres ont essuyé un revers dans la guerre de clans au sein du camp présidentiel pour le leadership de cette circonscription électorale de plus en plus sous contrôle de l’opposition politique et du Front National pour la Défense de la Constitution (Fndc).

Le vendredi 31 janvier 2020, Malick et Makhissa étaient sur le terrain pour la mobilisation de la population de Fria où le champion du RPG Arc-en-ciel était annoncé. Dans ce genre de situation chacun veut paraître devant le chef comme étant le meilleur soldat de ce dernier.

Lorsqu’elle a reçu la traditionnelle visite du chef de l’Etat pour des salutations avant le meeting, la notabilité en a profité pour lui présenter un certain Kaba Kénéndé, pour servir désormais d’interface entre Alpha Condé et Fria. Séance tenante, le président de la République a pris acte de cette décision qu’il a dalleurs saluée et magnifiée comme si elle venait étancher une soif d’avoir un interlocuteur à qui faire confiance pour la reconquête de Fria et qui n’aurait pas un agenda personnel.

Peu après, lors du meeting au stade, le président a promis un montant de 200 millions de francs guinéens pour organiser les femmes de Fria évoluant dans le métier de ferrailleur. Et cet argent, il ne le remettra ni à Aboubacar Makhissa Camara ni à Malick Sankon. Alpha Condé a mentionné qu’il remettra le montant au nouvel interlocuteur désigné, Kaba Kenendé pour organiser ces nombreuses femmes.

LA PISTE D’UNE SANCTION

A travers des publications de personnes qui s’identifient aux deux, l’opinion a pu sentir une certaine adversité entre Malick Sankon et Aboubacar Makhissa Camara notamment pour le contrôle de Fria où chacun se verrait en véritable porteur du flambeau du camp présidentiel.

Cette adversité s’est-elle manifestée jusqu’à ce qu’elle soit connue du président Condé ? On est tenté de dire oui. On sait également qu’il est apparemment hostile à ce genre de situation. Pour le cas de Kindia, Alpha Condé avait préféré dire à ses deux ministres-Taliby Sylla et Oyé Guilavogui-qui se livraient une guerre de leadership pour le contrôle cet autre vivier électoral-de s’entendre. C’était lors d’un meeting devant la population du Kania à la place des martyrs. Au cas de Fria, a-t-il préféré administrer une solution différente ? C’est en tout cas ce qu’inspire sa décision d’accepter la proposition des sages d’avoir une interface qui ne soit ni l’un ni l’autre.

LA FORFAITURE DE TROP POUR MAKHISSA ?

Quand il a été accusé à tort ou à raison d’être l’instigateur de la révolte des femmes de Fria contre la préfète, Gnalen Condé, pour chasser cette dernière, le directeur national des impôts a pu, grâce notamment à une sorte de milice médiatique à sa solde et par le moyen d’actions clinquantes, nettoyer plus ou moins cette mauvaise image. Mais la supposée imposition de sa chère épouse comme candidate du RPG Arc-en-ciel pour les élections législatives, demeure encore un scandale embarrassant.

Accusé d’avoir manigancé pour faire de sa femme la candidate à Fria, la colère des adversaires de Makhissa au sein du camp présidentiel n’a fait que s’amplifier même si madame Camara a été éliminée et remplacée par d’autres candidats jugés plus légitimes et plus consensuels.

Le chef de l’Etat, qui s’est impliqué en personne pour moraliser le choix des candidats de son parti verrait-il le cas Fria comme une bêtise de trop de quelqu’un qui prétend travailler pour le RPG et pour le palais ? La validation par Alpha Condé du choix d’un autre interlocuteur pour la ville de Fria serait-elle l’expression de sa colère contre Charles (Petit nom de Makhissa Camara dans certains milieux à Fria) ? Nous n’en savons rien de sûr mais en revanche, nous pouvons y voir une sorte de crise de confiance et être convaincus que c’est un fait éminemment politique qui permet au président Condé de pouvoir se passer désormais de Paul et de Pierre pour le contrôle de Fria.

Et on le dit souvent: quand Alpha Condé ne se sent plus dépendant d’un cadre pour le contrôle d’un électorat que ce dernier prétendait avoir derrière lui, il n’y a que peu de chances pour ce dernier de demeurer à son poste. Surtout lorsque, sur le plan administratif aussi, l’intéressé traîne des casseroles . Le cas Paul Moussa Diawara, ex-DG de l’OGP, limogé, humilié, jugé et emprisonné, n’est pas loin d’illustrer cela.

Avec Guinee114

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