La résurgence d’Ebola impacte fortement la continuité des services de santé à Gouécké

Depuis la déclaration de la maladie dans la commune, les structures de santé locales ont enregistré une faible fréquentation de la population par peur de contracter le virus.

En région forestière, dans le sud du pays, le 27 janvier 2021, Lucie, une infirmière de 51 ans, décéde à l’hôpital régional de N’zérékoré. Elle est considérée comme le patient zéro, c’est-à-dire le premier cas connu de la résurgence de la maladie. Depuis le mois de Février 2021, la Guinée est en proie à une résurgence d‘Ebola, 6 ans après la fin de l’épidémie. Depuis, les structures de santé de la commune rurale de Gouécké enregistrent une faible fréquentation de la population qui a peur d’être contaminée par le virus Ebola. Abdoulaye Kolié, Chef du centre de santé amélioré de Gouécké trouve cette situation déplorable pour les enfants surtout les nouveau-nés. «Quand notre collègue Lucie est décédée, la fréquentation a automatiquement diminué ici au centre. C’est vrai que le virus est là, mais il y a d’autres services qui doivent fonctionner comme le Programme Élargi de vaccination et les consultations prénatales».

Abdoulaye Kolié, chef du centre de santé amélioré de Gouécké.

Pour faire face à cette inquiétude, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF, 345 mobilisateurs sociaux (Moso) et 40 superviseurs de proximité ont été identifiés, formés et déployés sur le terrain pour les sensibilisations porte-à-porte dans les communes rurales de Gouécké, Samoé et la commune urbaine de N’Zérékoré. Ces Moso jouent un rôle important pour le retour des populations vers les structures de santé, mais aussi pour vaincre les craintes liées à la maladie à virus Ebola.

Séance de formation des mobilisateurs sociaux

Véronique Loua, la trentaine, vient d’accoucher d’une jolie fille. Elle fait partie des huit femmes venues pour faire vacciner leurs enfants malgré la résurgence du virus Ebola. Pour Véronique, la sensibilisation a marché, ce qui l’a motivée à venir au centre de santé pour faire vacciner son enfant contre la tuberculose. «Au début, j’avais très peur d’aller au centre à cause de la maladie à virus Ebola, mais suite aux différentes sensibilisations, j’ai décidé de faire quand même vacciner mon bébé et ce qui m’a rassuré davantage, c’est le dispositif mis en place pour faire face à la maladie», témoigne-t-elle martelé.

Véronique Loua au centre de santé améloré de Gouécké

En temps normal, le Centre de Santé Amélioré de Gouécké reçoit en moyenne 14 consultations par jour. Après un mois d’abandon, cette reprise progressive de la fréquentation par la population est un bon signe «Depuis le 14 février 2021, c’est la première fois que nous enregistrons 8 mamans au service de vaccination en ce jour 13 mars 2021. La situation commence à changer petit à petit avec l’appui des partenaires, notamment l’UNICEF dans la sensibilisation avec les Moso sur le terrain. À cette allure, la continuité des services sera effective les jours à venir», ajoute le chef du centre de Gouécké.

Reprise progressive de la fréquentation du centre de santé amélioré de Gouécké par la population

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