Guinée-Présidentielle du 18 octobre 2020: la menace du vote sanction contre le candidat du RPG Pr Alpha Condé, les atouts de l’opposition, la situation électorale des quatre régions naturelles

« Les mêmes causes produisent les mêmes effets », dit-on.

L’opposition serait-elle victime de sa propre stratégie?

En effet, depuis 2012, en optant pour stratégie les manifestations populaires, de rue… afin de faire plier le régime de Conakry avec plus ou moins de réussite, l’opposition guinéenne devrait éviter de répéter la bêtise politique du 22 mars passé en participant à la présidentielle du 18 octobre prochain.

A en croire plusieurs analystes de la scène politique guinéenne « compte tenu du contexte socio-économique du pays qui lui est largement favorable, l’opposition aurait raflé soit la majorité ou tout au moins empêché le RPG de faire main basse sur l’assemblée nationale ».

Aujourd’hui, insister voire persister dans la même dynamique d’erreur politique en exigeant mordicus l’annulation de la nouvelle constitution, la dislocation de la nouvelle Assemblée nationale, l’impossible candidature du Pr Alpha Condé avant de prendre part au scrutin présidentiel serait une faute politique, intellectuelle, stratégique, morale… incommensurable qui assurerait le pouvoir à vie pour l’actuel locataire du palais Sekhoutoureya et anticiperait à coup sûr la retraite politique de Cellou Dalein Diallo, Sidya Toure, Lansana Kouyate, Abdoul Kabele Camara, Bah Oury…

« La nature a horreur du vide », dit-on.

En 2012, avec tout le fracas possible, tout le vacarme nécessaire, tout le tintamarre quotidien, les manifestations populaires sans interruption du peuple, le Sénégal n’a pas pu empêcher le Président Abdoulaye Wade qui a tripatouillé la constitution avec la baraka de la cour constitutionnelle pour être candidat à la présidentielle, mais il l’a empêché de devenir Président en élisant Macky Sall à la tête du pays.

En Gambie, Adama Baro, un homme effacé, inconnu de ses compatriotes, trésorier d’un parti dont le leader croupissait dans les geôles de Yaya Jammeh, a surpris plus d’un en remportant la présidentielle face au dictateur de Banjul.

C’est un secret de polichinelle pour tout citoyen guinéen, au regard des résultats des communales du 04 février 2018, malgré la Primature accordée aux Soussous sans compter les nombreux postes ministériels, les grandes directions, les institutions républicaines, que l’opposition domine en Basse-Guinée. La Moyenne-Guinée quant à elle demeure le fief naturel et imprenable du chef de file de l’opposition. C’est ce qui explique le refus de l’installation des conseils régionaux qui ferait basculer les Gouvernorats de la Guinée maritime et du Foutah Djallon dans les camps des adversaires d’Alpha Condé.

En forêt où, la population est généralement discrète, la désapprobation du régime est totale. Sans nul doute, les résultats des présidentielles du 18 octobre seront cinglants. En dix (10) ans, l’eau a coulé sous les ponts. A propos, ni les baïonnettes, ni la violence… ne feront triompher le candidat du RPG comme au second tour de la présidentielle de 2010 avec 86% des voix et 14% pour son challenger Cellou Dalein Disllo, dans cet autre fief, terre natale de son parti, abandonnée, méprisée, terrorisée, trahie. La revanche sera implacable. Seul Alpha Condé ignore les réalités du terrain politique ou fait semblant de l’ignorer. Au sud du pays, le mécontentement est perceptible. L’assemblée nationale qui est réservée à la région est revenue à la Haute-Guinée, avec comme nouveau Président Amadou Damaro Camara, natif de Kerouane. Les massacres de Zogota, Womey, ajoutés à l’exil forcé d’un de ses fils capitaine Moussa Dadis Camara, sans oublier le manque de promotions de ses cadres… sont une menace, un péril pour le camp présidentiel. C’est le deux poids deux mesures. Si la Basse-côte a gardé la primature alors qu’elle est devenue le fief de l’opposition, pourquoi la forêt perdrait l’assemblée nationale pendant qu’elle donne la victoire au RPG dans toutes ses préfectures ? Quelle injustice! Quel mépris! Quelle foutaise!

C’est pourquoi, l’arrivée de Dr Ousmane Doré et sa probable candidature aux présidentielles sans compter la percée politique et électorale de l’opposition, feront perdre d’énormes voix pour ne pas dire la région au candidat du RPG car, ni l’apport de Papa Koly Kouroumah, de Jean Marc Telliano…, des leaders devenus au fil des ans et du temps impopulaires au pays natal, ne sauvera les meubles.

En Haute-Guinée, les récentes manifestations populaires, ont clairement montré que le RPG est menacé jusque dans son dernier retranchement. Pour cause, les nombreuses promesses non réalisées par le parti présidentiel sortant. Ainsi donc, avec la candidature annoncée de Dr Ousmane Kaba, les candidatures probables de Lansana Kouyate, Mamadi Diawara et bien d’autres non encore déclarées, aidés de leurs partenaires politiques de l’opposition Cellou Dalein Diallo, Sidya Toure, Dr Faya Millimono… qui ont des fortes implantations dans la savane et l’électorat nécessaire, le candidat du parti présidentiel pourrait subir une forte chute dans la région.

Enfin, de tout ce qui précède, participer aux élections et faire en sorte d’être dans tous les bureaux de vote du pays, et ce, de Conakry jusque dans le dernier hameau de la Guinée, serait la voie du salut pour l’opposition guinéenne. Les résultats des législatives de septembre 2013, des communales de février 2018 démontrent amplement le bien fondé de cette réalité politique.

A ce stade, au regard du climat socio-économique insupportable qui prévaut dans le pays, sans eau, ni électricité, sans route, sans avenir pour la jeunesse…, l’alternance démocratique est bien possible en 2020.

A bon entendeur. Salut!

Dr A. Diallo (France)

Source : indiscretguinee

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