Faute de places, plusieurs patients de Covid-19 dorment à la belle étoile à Donka

Les autorités sanitaires guinéennes brillent par des approches teintées d’amateurisme et d’improvisation dans la riposte contre le coronavirus. Si rien n’est fait, le pays se dirige tout droit vers la catastrophe avec le nombre de cas de Covid-19 qui continue de croitre.

En dépit de l’expérience acquise dans la lutte contre l’Ebola, la Guinée n’était visiblement pas préparée pour faire face au coronavirus. Les ratés dans la gestion de la riposte contre le Covid-19 depuis le 12 mars dernier en témoignent.

Le centre de traitement de Donka est saturé. Plus de places pour les nouveaux patients dépistés positifs au coronavirus. Un médecin, impliqué dans la lutte contre la maladie, s’est confié à VisionGuinee en préférant garder l’anonymat.

Ce professionnel du corps médical prévient que des porteurs de coronavirus risquent de continuer d’errer dans la nature. ‘’Demain, on risque d’avoir des cas positifs de coronavirus dans la rue, parce qu’on ne pourra pas s’occuper d’eux faute de places. On n’a pas de lits et de ressources pour gérer la riposte’’, alerte notre source.

‘’Donka est plein. Des patients vont venir encore, on ne saura pas où les mettre. Il y a une capacité de 250 tests de dépistage par jour. Cela est très limité. Si on veut vraiment contrer le Covid-19, il faut dépister massivement les gens’’, propose-t-il. ‘’Donka est plein. Des malades passent la nuit dehors, mais où les mettre ? Si l’hôpital n’a que 500 lits, allons-nous superposer les malades les uns sur les autres’’, se demande-t-il.

‘’D’ici fin mai, si on a 5000 cas confirmés, on va les mettre où ?’’, s’interroge le médecin, en tirant la sonnette d’alarme qui poursuit en affirmant que ‘’dès qu’on a eu les premiers cas de Covid-19, nous avons alerté les autorités en leur disant qu’on risque d’avoir 1000 cas d’ici la fin du mois d’avril à Conakry. Il fallait réfléchir pour créer de nouveaux centres pour accueillir tous les cas positifs, les nourrir, pour casser la chaine de contamination. Malheureusement, il n’y aucune vision’’.

Selon notre interlocuteur, des patients asymptotiques de Covid-19 ne devraient pas être admis à Donka. Toutefois, dit-il, ‘’vu le contexte dans lequel on vit et la promiscuité, les gens peuvent contaminer leur entourage. C’est pourquoi, des malades testés positifs, mais ne présentant pas de symptômes, ont été hospitalisés’’

Dénonçant une mauvaise organisation dans la gestion de la riposte, ce médecin assure que ‘’le centre de Nongo qui a reçu les premiers patients de Covid-19 avec un staff qui n’atteignait pas 20, ne répondait à aucune exigence en termes de biosécurité et de prise en charge. Finalement, l’Etat a décidé de transférer le centre de traitement à Donka’’.

‘’Au lieu de se quereller, il faut qu’on sache que la lutte contre le Covid-19 n’est pas une histoire de l’ANSS seule. Ça concerne tout le système de santé, donc tous les guinéens’’, précise-t-il, avant de révéler que depuis le début de la riposte, ‘’on n’anticipe rien, on court derrière le Covid-19. L’environnement est assez complexe. Les gens se battent entre eux au lieu de s’occuper de la maladie’’.

Avec visionguinee

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