Exilé aux Etats-Unis à cause d’Erdogan, Hakan Sukur est devenu chauffeur Uber

Hakan Sukur vit aujourd’hui en exil aux Etats-Unis où il exerce la profession de chauffeur Uber. Pour s’être opposé à Recep Tayyip Erdogan, l’ancienne gloire du football turc a vu ses avoirs être gelés dans son pays d’origine.

En 2002, la Turquie termine troisième de la Coupe du monde de football. A l’époque, la nation est portée par un homme en particulier, Hakan Sukur. Ce dernier (112 sélections, 51 buts) est même entré dans l’histoire en inscrivant le but le plus rapide de l’histoire de la compétition (10,8 secondes).

Sukur a tenu un café aux Etats-Unis

Aujourd’hui, l’ancien attaquant, qui a pris sa retraite sportive en 2008, vit en exil aux Etats-Unis. Pour pouvoir gagner sa vie, Sukur, qui vend également des livres, a enchaîné les petits boulots et vient même de devenir chauffeur Uber, à Washington.

C’est ce qu’il a confié au Welt am Sonntag. Auparavant, il tenait un café dans la capitale américaine mais il a confié avoir subi des pressions: « J’ai tenu un café ici pendant un certain temps. Des gens étranges sont venus dans mon café et ont joué de la musique Dombra (ndlr: décrite par le parti AKP comme étant la vraie musique des Turcs). » Hakan Sukur avait ensuite été placé un temps sous protection policière, et le FBI s’en était même mêlé.

L’ancien footballeur (48 ans) est considéré comme étant un opposant à la politique menée par le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan. Le dirigeant aurait fait en sorte que les avoirs de Hakan Sukur soient gelés. « Erdogan m’a tout pris. Mon droit à la liberté, le droit de m’expliquer, de m’exprimer, le droit au travail », a notamment déclaré l’ex-joueur.

L’ancien footballeur est sous le coup d’un mandat d’arrêt

En 2011, tout était bien différent lorsque Sukur avait rejoint alors l’AKP, le parti d’Erdogan. Il était même devenu député, avant de démissionner en 2013. C’est là que les événements se sont ensuite envenimés, ce qui l’avait alors poussé à émigrer aux Etats-Unis, en 2015. « La boutique de ma femme a été visée par des jets de pierre, mes enfants ont été harcelés dans la rue. J’ai reçu des menaces après chaque déclaration que j’ai faite », a-t-il confié.

Son départ n’a finalement pas arrangé la situation, bien au contraire: « Quand je suis parti, ils ont enfermé mon père. Et tout ce que j’avais était maintenant confisqué. » Des difficultés financières qui touchent également ses proches. Désormais assigné à résidence, son père n’a pu obtenir sa libération qu’après qu’on lui a diagnostiqué un cancer. Une maladie dont souffre également sa mère.

Accusé d’avoir participé au coup d’Etat manqué de 2016, que l’opposant d’Erdogan Fethullah Gülen aurait initié selon Erdogan, Hakan Sukur est depuis sous le coup d’un mandat d’arrêt en Turquie.

BFMTV.com

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