Etats-Unis : quel est le rôle du vice-président américain

Aux Etats-Unis, le viceprésident est élu sur le même ticket que le président pour un mandat de quatre ans. A l’issue de la présidentielle du mardi 3 novembre, Joe Biden et Kamala Harris ont été élus respectivement aux postes de président et vice-président battant ainsi le duo Donald Trump et Michael Richard Pence. 

Quel rôle jouera Kamala Harris, première femme et première personne noire à accéder à au poste de vice-président,  aux côtés du 46e président de la première puissance économique mondiale ?

Professeur émérite à la faculté de droit de l’Université de Saint Louis et expert en vice-présidence, Joel K. Goldstein, régularité sollicité par les médias pour commenter l’actualité politique durant les campagnes électorales aux Etats-Unis, affirme que le vice-président est avant la première personnalité dans la ligne de succession présidentielle. Sa mission consiste à apporter une assistance de haut niveau au président pour contribuer au succès de son mandat.

‘’La Constitution prévoit que le vice-président des États-Unis est le président du Sénat. Toutefois, il ne participe pas aux débats du Sénat. Il dispose d’un pouvoir de trancher en cas d’égalité sur un vote au Sénat », explique le professeur Goldstein qui intervenait dans le cadre Virtual Reporting Tour (VRT), une formation en ligne financée par le département d’Etat américain en collaboration avec le Meridian International Center.

Le vice-président remplace également le président quand ce dernier n’est pas en mesure d’assumer ses responsabilités. Jusqu’à la moitié du 20e siècle, les colistiers étaient choisis par les chefs de parti pour le ticket national. « Les candidats présidentiels n’avaient que peu ou pas d’influence sur le choix de leurs colistiers », précise-t-il.

Le 25e amendement de la constitution américaine, ratifié e 1967,  prévoit dans quelles conditions le président peut être remplacé par son vice-président. Dans sa section 1, il est stipulé que : « En cas de destitution, de décès ou de démission du Président, le vice-président deviendra président ». La Section 2 précise : « En cas de vacance du poste de vice-président, le président nommera un vice-président qui entrera en fonction dès que sa nomination aura été approuvée par un vote majoritaire des deux Chambres du Congrès ».

La Section du 25e amendement prévoit que « si le Président fait parvenir au président pro tempore du Sénat et au président de la Chambre des représentants une déclaration écrite leur faisant connaître son incapacité d’exercer les pouvoirs et de remplir les devoirs de sa charge, et jusqu’au moment où il les avisera par écrit du contraire, ces pouvoirs seront exercés et ces devoirs seront remplis par le vice-président agissant en qualité de Président par intérim ».

A partir du 20 janvier 2021, le poste de vice-président sera occupé par Kamala Harris, première femme à accéder à un tel niveau de responsabilités. Avant elle, dans l’histoire des élections présidentielles américaines, d’autres femmes avaient été désignées colistières. En 1984, Walter F. Mondale avait choisi Geraldine Ferraro, membre du Parti démocrate et première femme d’un grand parti à s’être portée candidate à la vice-présidence des États-Unis. Le ticket perdra l’élection au profit du président républicain sortant Ronald Reagan. En 2008, face à Barack Obama, le sénateur John McCain avait comme colistière choisi Sarah Palin, gouverneur de l’Alaska à l’époque.

Harris, durant son mandat, pourra présider des commissions et d’autres campagnes sur des thèmes particuliers pour montrer que le président s’intéresse à ces questions. Elle pourra aussi représenter le président dans des déplacements à l’étranger. Depuis son bureau qui sera situé dans l’aile ouest de la Maison Blanche, elle jouera également le rôle de confident et de conseiller du président des Etats-Unis.

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