Coronavirus : le déconfinement doit être abordé avec « calme, pragmatisme et bonne volonté »

« C’est l’esprit qui est le nôtre », a ajouté Emmanuel Macron, en indiquant « comprendre toutes les inquiétudes », en particulier sur la réouverture des écoles.

L’essentiel :

  • Le Premier ministre Édouard Philippe a présenté ce lundi son plan national devant le Sénat, qui doit voter à l’issue d’un débat. Le chef du gouvernement a fait plusieurs annonces : une aide de 200 euros pour 800 000 jeunes « précaires ou modestes » de moins de 25 ans ou encore un déconfinement reporté à Mayotte. Il a également rappelé le plan de « réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire à compter du 11 mai ». Plus tard dans la soirée, le Sénat doit également se pencher sur le projet prorogeant l’état d’urgence de deux mois, jusqu’au 24 juillet, avant l’examen de ce texte à l’Assemblée nationale à partir de mardi.
     
  • L’Europe, Italie en tête dès lundi, se lance cette semaine dans le déconfinement de ses millions d’habitants. Les autorités italiennes entament ce lundi un allègement attendu par tous, pour faire repartir une économie mise à genoux par le coronavirus. L’Espagne a redécouvert samedi les joies du sport et de la promenade, le déconfinement du pays doit se poursuivre par phases d’ici à la fin juin. La levée des restrictions est en revanche déjà bien enclenchée en Allemagne, où les écoles rouvrent progressivement dans certains Länder lundi ; en Autriche, où les artères commerçantes de Vienne ont retrouvé samedi leur animation avec la réouverture des magasins, ainsi que dans les pays scandinaves. 
     
  • Adoptant une tonalité résolument optimiste, Donald Trump a prédit dimanche un vaccin contre le coronavirus d’ici à la fin 2020 et une année 2021 « incroyable » sur le plan économique. 
     
  • Au cours des dernières 24 heures, 135 personnes sont mortes en France du coronavirus. Un chiffre en baisse par rapport à samedi. Le bilan quotidien était alors de 166 décès. L’épidémie a tué 15 583 personnes dans les hôpitaux et 9 312 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux, a précisé la direction générale de la Santé dans un communiqué publié samedi. Au total, 24 895 décès ont été dénombrés depuis le début de l’épidémie en France alors que la barre des 3,5 millions de cas dans le monde a été franchie.
     
  • Au moins 3 500 517 cas d’infection, parmi lesquels 246 893 décès, ont été recensés dans le monde, notamment en Europe, continent le plus touché avec 1 547 180 cas et 143 584 décès, ainsi qu’aux États-Unis (1 158 040 cas, dont 67 680 décès). Le nombre de cas diagnostiqués ne reflète toutefois qu’une fraction du nombre réel de contaminations, un grand nombre de pays ne testant que les cas graves.  

18 h 09 – L’acheminement du courrier international ralenti

      L’acheminement du courrier international a sérieusement été ralenti par l’effondrement du transport aérien de passagers en raison de la crise du coronavirus, se sont inquiétées l’Association du transport aérien international (IATA) et l’Union postale universelle (UPU). Les deux organisations basées en Suisse ont souligné, dans un communiqué commun, que ce sont les vols passagers qui sont généralement utilisés pour transporter le courrier. Or ils ont été réduits de 95 %. Dans le même temps, la demande d’achats en ligne a augmenté de 25 à 30 %, en raison des restrictions de déplacement imposées par de nombreux pays à leurs populations pour éviter la propagation du Covid-19. Les administrations postales trouvent donc « des difficultés dans l’envoi et la livraison du courrier international, en particulier le courrier transcontinental ».      

18 h 01 – Des élus du littoral veulent un accès « raisonnable » aux plages

Des élus de communes du littoral ont indiqué avoir demandé au gouvernement d’autoriser un accès « raisonnable » aux plages du littoral dès la sortie du confinement le 11 mai, en prenant en compte les « particularités des situations locales ». Dans un courrier daté du 27 avril, Jean-François Rapin, sénateur Les Républicains du Pas-de-Calais et président de l’Association nationale des élus du littoral (Anel), demande au Premier ministre un « calendrier cohérent » pour « organiser l’accueil des populations sur nos littoraux », alors que les plages doivent rester fermées « au moins jusqu’au 1er juin », selon le plan présenté par Édouard Philippe. « On voit ce qui se trame : on va rouvrir telle ou telle plage en fonction du département en rouge ou vert », a déclaré Jean-François Rapin à l’Agence France-Presse lundi, craignant, avec ce scénario, « une forme d’injustice terrible ».

Lire aussi « Où est le danger ? » : ces maires mobilisés pour rouvrir les plages

17 h 48 – La Bourse de Paris termine en fort repli

      La Bourse de Paris a fini en fort repli lundi (- 4,24 %) une séance corrélée au marché américain, les investisseurs prenant leurs bénéfices tandis qu’ils redoutent une reprise des hostilités commerciales sino-américaines. L’indice CAC 40 a perdu 193,95 points à 4 378,23 points. Jeudi, il avait fini en baisse de 2,12 %.      

17 h 38 – Les résultats de l’essai Discovery attendus le 14 mai

      Emmanuel Macron a annoncé lundi que les résultats de l’essai Discovery, destiné à trouver un antiviral efficace contre le Covid-19, seraient disponibles le 14 mai, « une étape importante », le président appelant toutefois à la « prudence ». L’essai doit tester quatre traitements, dont la controversée hydroxychloroquine, sur 3 200 patients en Europe, dont au moins 800 en France – uniquement des patients hospitalisés et gravement atteints. « À ce stade, il faut être très prudent, on n’a rien de concluant, et ce matin, on ne m’a pas dit qu’on allait avoir un traitement disponible dans 15 jours », a-t-il ajouté. « Mais on aura une étape importante la semaine prochaine », a souligné le chef de l’État. Un comité indépendant et international analysera et compilera les données brutes récoltées.      

17 h 36 – Et si la France manquait plus de bras que de tests ?

      Édouard Philippe a indiqué craindre davantage le manque de « bras » pour analyser les tests et remonter les « chaînes de contamination » que de tests en eux-mêmes, lors du débat devant le Sénat sur la stratégie de déconfinement. « Matériellement, on va avoir ce qu’il faut, mais c’est la capacité de les faire, de les exploiter », a-t-il insisté, alors que le gouvernement compte sur quelque 700 000 tests par semaine à partir du déconfinement le 11 mai. Le Premier ministre vise notamment le déploiement des « brigades sanitaires » (environ 3 000 à 4 000 personnes) chargées d’identifier les personnes atteintes par le coronavirus et d’éviter l’apparition de nouveaux foyers d’infection. « Ce qui est intéressant, ce n’est pas seulement de faire le test, c’est de savoir, dès lors qu’il est positif, remonter les 25, 30 ou 12 personnes que la personne testée a croisées la veille ou le jour même », a-t-il souligné.      

17 h 21 – Bruno Retailleau reproche l’absence de « stratégie offensive » du gouvernement

      Le chef de file des sénateurs Les Républicains Bruno Retailleau a reproché au gouvernement un « pari à quitte ou double » avec son plan de déconfinement, faute de masques, de tests, et en l’absence de « stratégie offensive ». « La confiance que vous nous demandez, nous ne pouvons pas vous l’accorder. Nous ne pouvons plus vous croire sur parole », après des « contradictions » et des « contrevérités » sur les masques et les tests, a estimé Bruno Retailleau au Sénat, où le Premier ministre a présenté la stratégie de déconfinement du gouvernement, à partir du 11 mai. « Personne ne peut dire si vous aurez suffisamment de masques pour protéger tous les Français » face au coronavirus, a ajouté le patron des sénateurs de droite en confirmant une « abstention massive » de son groupe. Selon lui, la France a été « à la traîne pendant des semaines » à cause d’une « forme de retard à l’allumage » et « de blocages idéologiques et bureaucratiques ». Et il aurait fallu « une stratégie beaucoup plus offensive » de protection et de dépistage pendant le confinement.      

16 h 56 – Emmanuel Macron appelle à aborder le déconfinement avec « calme, pragmatisme et bonne volonté »

      Le président de la République a déclaré lundi que la phase du déconfinement, à partir du 11 mai, devait être abordée avec « beaucoup d’organisation », de « calme », « de pragmatisme et de bonne volonté ». « C’est l’esprit qui est le nôtre », a ajouté le chef de l’État, en indiquant « comprendre toutes les inquiétudes », en particulier sur la réouverture des écoles ou la reprise du travail, sur lesquels « les derniers détails » seront annoncés jeudi par le gouvernement.      

16 h 42 – Les décès en hausse de 27 % depuis mars par rapport à 2019

      Le nombre de décès constatés en France depuis le 1er mars est en hausse de 27 % par rapport à l’an passé à la même période, mais le nombre moyen de décès par jour est en nette décrue depuis un pic atteint le 1er avril, indique l’Insee. Les services de l’état civil ont enregistré en moyenne 1 780 décès par jour pendant la première quinzaine de mars 2020, puis 2 230 au cours de la deuxième quinzaine, avant un pic à 2 776 enregistré le 1er avril. Depuis, cet indicateur diminue, avec 2 620 décès par jour en moyenne entre le 1er et le 10 avril, puis 2 120 du 11 au 20 avril, selon des données encore provisoires. Sans surprise, les régions où cette hausse des décès – toutes causes confondues – est la plus nette sont aussi celles où l’épidémie de coronavirus est la plus virulente : entre le 1er mars et le 20 avril, la hausse par rapport à 2019 atteint + 95 % en Île-de-France et + 60 % dans le Grand Est, contre + 27 % au niveau national.       

16 h 38 – Emmanuel Macron se rendra demain dans une école à Paris

Le président de la République se rendra mardi dans une école à Poissy, dans les Yvelines, pour faire le point sur la préparation du déconfinement, a annoncé l’Élysée. Cette visite à l’école élémentaire Pierre-Ronsard, en compagnie du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer, intervient au moment où des doutes entourent le retour, à partir du 12 mai, des élèves « dans la majorité des écoles » maternelles et primaires, avec un maximum de 15 enfants par classe. À la suite de la visite, le chef de l’État s’entretiendra avec d’autres maires des Yvelines, en visioconférence, sur ce dossier, a précisé l’Élysée.

Le point.fr

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